De la conception aux usages : nature, concepts et enjeux des référentiels en archéométrie et sciences du patrimoine

Inscription obligatoire sur http://referentiels-21.sciencesconf.org/

Les collections de matériaux lithiques, de métaux et de scories, de pigments, d’organismes, de cernes de bois, de pollens, de traces sur des artefacts traduisant des techniques, des gestes ou des fonctions, de spectres analytiques, de valeurs isotopiques, de données génétiques, etc., sont communes et constituent des référentiels variés par nature. Actuels ou anciens, ces documents ont été collectés ou sont issus d’expérimentations. Ils sont assortis d’un ensemble d’informations visant à les contextualiser et alimenter des travaux scientifiques (métadonnées), qui leur confèrent leur valeur de référentiel. Ils visent à une certaine exhaustivité, dans leur domaine d’usage. Les sujets qu’ils tendent à couvrir peuvent aussi bien concerner l’identification de matières que des segments de la fabrication ou de l’utilisation d’un artefact, la structure d’un écofact, des populations humaines, d’animaux ou de micro-organismes, des pratiques ou des structures anthropiques, des processus d’altération au temps long. Ces référentiels ont été constitués graduellement dans de nombreux laboratoires ou institutions.

Le réseau CAI-RN de la MITI du CNRS et le Domaine d’intérêt majeur « Matériaux anciens et patrimoniaux » de la Région Île-de-France vous convient à une réflexion multithématique et interdisciplinaire, allant de l’épistémologie aux usages des référentiels.

Cet échange se déroulera en deux journées thématiques abordant des thématiques complémentaires.

- Journée 1 : Nature, concepts et enjeux des référentiels en archéométrie et sciences de la conservation
Le 20 mai 2021, Distanciel ou Campus Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, Paris
Les référentiels sont un point d’ancrage de nombreuses démarches en archéométrie et sciences de la conservation. Ils guident et conditionnent l’interprétation des valeurs mesurées sur les vestiges du passé. Leur conception, leur constitution et leur utilisation posent des questions épistémologiques. Le référentiel permet-il véritablement de réduire l’éventail des paramètres possibles menant in fine à l’état observé, soulevant alors la question de l’équifinalité ? Dans quelle mesure la création du référentiel n’emprunte-t-elle pas à un modèle préétabli voire paradigmatique qui pourrait être trop réducteur ? En ce sens, dans quelle mesure l’adéquation au référentiel constitue-t-elle une interprétation valide ? Peut-on et doit-on constituer un référentiel « actuel » pour modéliser et comprendre des évènements, des populations, des mécanismes du passé ? Quelles limites à la non-exhaustivité des référentiels ? Quel apport des référentiels altérés ? L’objectif de cette journée sera de comparer les démarches conceptuelles pour la constitution et l’utilisation des référentiels archéométriques de toutes natures en les illustrant de cas d’étude, et in fine d’aborder ensemble les questionnements épistémologiques sous-jacents.

Cette première journée sera articulée en plusieurs temps :
1. Enjeux épistémologiques
2. Mise en œuvre
3. Présentation du GT CAI-RN « bases de données et référentiels »

– Journée 2 : Exploitation, conservation, pérennisation et statut des référentiels
Le 21 mai 2021, Distanciel ou Campus Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, Paris
La seconde journée sera composée de communications suivies d’un atelier axé sur l’échange et le partage d’expérience, et d’un moment de restitution.
Quatre thèmes seront soumis à la discussion.
Forme des référentiels et nouveaux usages numériques : Il s’agit d’explorer ici les différentes formes que peuvent prendre les référentiels ainsi que les métadonnées qu’ils contiennent ou doivent contenir pour « faire référentiel ». Comment adapter les contenus physiques à des formes numériques ? Quelle articulation entre référentiels physiques et numériques ? La forme des référentiels a évolué avec l’utilisation des outils numériques. Web et science ouverte conditionnent des usages nouveaux et s’adressent à des publics de plus en plus larges. Quels sont ces usages ? Comment exposer et partager les collections ? Qui sont les publics intéressés ? Faut-il élargir ou au contraire restreindre l’accès aux données ? Quels sont les choix effectués et solutions adoptées par ceux qui ont élaboré les référentiels existants ?
Statuts, propriété : Jadis, les référentiels étaient attachés aux musées ou aux collections d’amateurs, aujourd’hui nombre d’entre eux sont constitués pour les besoins de la connaissance et de l’expertise en laboratoire, parfois de manière informelle. Comment classer ces documents scientifiques ? Ont-ils un statut et si oui lequel ? Quel est le droit attaché, du point de vue de leur caractère scientifique, patrimonial ou d’inscrivent-ils dans de nouveaux cadres, ouverts, par exemple, par la préservation de la biodiversité ? Qui sont les propriétaires des collections ? Comment éviter que ce cadre ne bride l’utilisation de ces outils vitaux dans nos démarches ? Dans ce cadre, la question de la reconnaissance scientifique et institutionnelle des initiatives et des signatures liées à l’exploitation des référentiels doit également être posée. Comment intégrer cette reconnaissance dans les publications, dès lors qu’ils y sont utilisés ? Comment rendre compte du travail requis dans la constitution des référentiels par une citation appropriée ?
Conservation, pérennisation, renouvellement, émergence : La question du statut des référentiels entraîne également celle de leur pérennisation, leur entretien, et en regard leur vieillissement (avec l’exemple emblématique de l’herbier du Museum). Comment faire face à ces aspects ? Par ailleurs, de nouveaux besoins apparaissent entraînant de nouveaux usages, de nouvelles collections de références : comment considérer ces référentiels émergents, en prenant en compte les expériences passées ? Quels sont les manques les plus criants, les initiatives émergentes requérant un soutien particulier ? Quels nouveaux développements ouvrent les interactions interdisciplinaires ? Peut-on réfléchir à une feuille de route des référentiels ? Quelle forme pourrait-elle prendre ?
Amorcer un recensement des référentiels dans les laboratoires d’Île-de-France : il y a urgence à faire (re)connaître ces documents, d’où l’utilité d’une action de recensement que nous proposerons ici, allant vers une suite durable de ces journées. L’atelier réfléchira à l’organisation d’un groupe de travail et d’une enquête pilote dans les laboratoires d’Île-de-France, visant à décrire la diversité et la fréquence d’usage des outils référentiels, et les choix adoptés dans les modalités pratiques d’utilisation. L’enquête devrait permettre également de construire collectivement une meilleure définition et catégorisation de ces outils.

Le Domaine d’intérêt majeur (DIM) Matériaux anciens et patrimoniaux est le réseau francilien de recherche consacré à l’étude des matériaux anciens. Le réseau est structuré en 8 axes de recherche, thématiques et transversaux. Son originalité repose sur sa forte dimension pluridisciplinaire : il s’attache au développement des connaissances propres aux matériaux anciens en faisant dialoguer la physique, la chimie, l’informatique, les sciences de l’environnement, la biologie avec l’histoire, l’histoire de l’art, l’archéologie, la paléontologie et les sciences des textes. Le réseau associe directement des acteurs économiques et sociaux s’engageant dans la recherche et sa valorisation. Il regroupe près de 1000 scientifiques au sein de 125 laboratoires et partenaires de valorisation en Région Île-de-France.
http://www.dim-map.fr/

Le réseau CAI-RN (Compétences Archéométriques Interdisciplinaires – Réseau National) est un réseau de la Mission pour les Initiatives Transverses et Interdisciplinaire (MITI) du CNRS. Il structure au niveau national la communauté de l’archéométrie et des sciences archéologiques et ce, de manière inter-catégorielle et inter-institutionnelle. Il permet par ailleurs de renforcer les actions de coopération et de partenariat CNRS/Universités, EPST, EPIC. Il est un instrument à la fois d’action de la recherche en archéométrie et un outil de mise en réseau et d’affichage d’une communauté fortement interdisciplinaire.
https://archeometrie.cnrs.fr/

Journée CAI-RN, MITI et DIM MAP 20 et 21 mai 2021

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